Hier soir, je me suis présenté comme d'habitude au port des songes. Je voulais prendre le premier bateau en partance pour mes rêves. J'ai fermé les yeux mais l'embarquement m'a été refusé sous prétexte que j'étais encore trop pensif. J'ai dit au marchand de sable que le temps aurait raison de ma tête et ses tourments. Il m'a gardé de côté une poignée de sable en me souhaitant de fatiguantes reflexions.
Je crois ne jamais avoir trouvé une totale sérénité la nuit dernière. Je suis souvent monté à bord du bateau, mais aussi souvent j'ai été débarqué au prise avec une pensée angoissante. Ma nuit n'a été qu'aller-retours entre ici et ailleurs. Chaque pensée me rammenait à cette réalité qui me dépasse un peu. J'aimerai avoir un contrôle total sur ce qui m'entoure mais tel n'est pas le cas. Comme un coup d'épée dans l'eau, chaque action que je pourrai entrependre ne m'avancerai à rien. Certaines personnent qui m'entourent souffrent et je ne peux rien faire ou si peu je trouve. Certaines personnes me sont souvent absentes et pourtant j'aimerai tant les voir. J'aimerai être plus intelligent mais moralement je commence à fatiguer. Mes pensées tournoient dans ma tête, métourdissent et m'épuisent. Quelques vers me reviennent pourtant et me laissent une lueur d'espoir :
Peu importe l'étroitesse de la porte,
Les punitions nombreuses sur le parchemin,
Je suis le maître de mon destin,
Je suis le capitaine de mon âme.
Je ne perd jamais l'espoir mais la confiance en moi me fait parfois défaut. C'est pourtant un des moteurs de mon moral.