J'ai profité d'un peu de tranquilité au travail pour écouter de vieux morceaux de musiques via youtube. Celà m'a ramené au moins 10 ans en arrière, à mes années lycée, à ces moments où j'écoutais ces morceaux sur mon baladeur, le soir en rentrant à vélo. Je me souviens qu'il faisait nuit, froid parfois et qu'en 2, 3 coups de pédales, je m'envolais vers un univers, un univers qui n'appartenait qu'à moi...
J'aimais rouler dans les rues sombres et glaciales, perdu dans mes pensées. Je roulais sans but précis, me jouant de la circulation. J'avais besoin de ces moments d'évasions, enfermé dans une bulle musicale je roulais toujours plus vite à la recherche d'un espoir. Je profitais d'une évasion salvatrice, une bréve envolée qui tranchait avec le gouffre qu'était ma vie sentimentale. Les seuls lueurs sur mon chemin étaient celle des phares des voitures. Je m'évadais d'un monde qui ne me correspondait pas. Personne ne pouvait me comprendre et je cherchais des moyens de m'en accomoder. Je trouvais plus de vérités dans les péripéties de Dawson, dans les textes des obispo, goldman, fiori et autres chanteurs. Leurs fictions écrites ou visuelles apportaient du crédit à ma façon de penser et de ressentir les choses.
Je me suis souvent dit que l'on devait me prendre pour un fou à rouler, pour rien, sans aucun but, de nuit, dans le froid. Ca me ferait presque penser à Forrest Gump qui lui courrait, comme ça, juste parce qu'il avait envie de courir. Peut être était ce une irresistible envie d'échapper au monde ... L'instinct de survie pousse parfois à des choses que le conscient ne comprend pas toujours et que sans doute il ne faut pas chercher à percer. Mon coeur est complexe et occupe une place prépondérante dans mon "moi". Je l'ai presque toujours suivi. Les rares fois où je ne l'ai pas fait, j'ai eu à m'en mordre les doigts. S'il est attaqué, il préfera s'éloigner, se ressourcer ailleurs, parfois dans d'autres plans d'existence.